La Nollywood Week : première célébration du cinéma nigérian en France

jeudi 16 mai 2013
Extrait du film
Extrait du film "Phone Swap" de Kunle Afolayan, © Nollywood Week
Extrait du film
Extrait du film "Inalé" de Jeta Amata, © Nollywood Week
Extrait du film
Extrait du film "Tango with Me" de Mahmood Ali-Balogun, © Nollywood Week
Extrait du film
Extrait du film "Maami" de Tunde Kelani, © Nollywood Week
Bollywood, Nollywood, Hollywood © Nollywood Week
Bollywood, Nollywood, Hollywood © Nollywood Week

Pour la première fois de son histoire, Paris accueille un événement consacré à la production cinématographique nigériane : La Nollywood Week. Le festival aura lieu du 30 mai au 2 juin 2013 au cinéma l’Arlequin et mettra à l’honneur la deuxième industrie cinématographique au monde en nombre de films produits – derrière Bollywood mais devant Hollywood –, qui représente une production de plus de 2000 films, pour un public estimé à 150 millions de spectateurs, par an.

Industrie jeune (ses débuts datent de 1992) et innovante, 2ème employeur au Nigéria après le secteur de l’agriculture, Nollywood représente 5% du PIB nigérian et incarne cette Afrique dynamique, ce bouillonnement de l’art contemporain africain qui est au centre de l’action et de l’engagement d’AAD. Issus de cette tradition narrative nigériane présente depuis les « Onitsha novels » (romans populaires à succès), et diffusés directement en vidéocassettes et DVD dans toute l’Afrique subsaharienne – de l’Afrique de l’Ouest à l’Afrique du Sud –, ces films constituent une exception culturelle africaine, et Nollywood passe aujourd’hui, au gré des succès et de la densification du tissu cinématographique, le cap de la maturité.

Au programme de cette première édition, sept films en compétition qui illustrent la diversité du cinéma nigérian. Les stars de Nollywood sont bien sûr au rendez-vous, à commencer par Genevieve Nnaji (la « Julia Roberts africaine » selon CNN) dans le film Ijé et Hakeem Kae-Kazim dans Last Flight to Abuja, et certains de ces films ont déjà connu les honneurs de festivals occidentaux, comme Man On Ground, du réalisateur Akin Omotoso, sélectionné aux festivals de Toronto et Dubai en 2011 et à Berlin en 2012.

On retiendra également le charme d’Inalé, film musical réalisé par Jeta Amata, réalisateur reconnu tant au niveau local qu’international, qui raconte l’histoire de la fille du roi Oche, roi du peuple Idoma au Nigéria, dont le mariage avec son bien-aimé Odeh est remis en cause lorsqu’un étranger apparaît pendant le tournoi de lutte qui devait finaliser leur mariage. Dans un genre bien différent, la comédie Phone Swap fait le récit des tribulations de deux femmes aux responsabilités très différentes qui échangent accidentellement leurs téléphones dans un aéroport, et finissent par échanger leurs destins respectifs.

Encore peu connu du public français et européen – malgré la création il y a moins d’un an de la chaîne Nollywood TV en France –, le cinéma nigérian fait avec ce festival, 21 ans après ses débuts, sa grande entrée dans l’hexagone.