« KINSHASA KIDS » sur les écrans depuis le 3 Avril

jeudi 04 avril 2013
Affiche du film
Affiche du film "Kinshasa Kids" © Diaphana Distribution
Extrait du film
Extrait du film "Kinshasa Kids" © Diaphana Distribution
Extrait du film
Extrait du film "Kinshasa Kids" © Diaphana Distribution
Extrait du film
Extrait du film "Kinshasa Kids" © Diaphana Distribution

Kinshasa, Congo. On les appelle les Shegués. Accusés d’être des enfants sorciers et rejetés par leur propre famille, plus de 25 000 enfants vivent et survivent dans les rues de la capitale congolaise. Marc Henri Wajnberg, réalisateur belge récompensé à plusieurs reprises (meilleur réalisateur au Festival de Gand en 1993 puis Rail d’Or à la Semaine de la Critique de Cannes en 1996) en a suivi huit dans le marasme de pauvreté et de poussière de Kinshasa. C’est sous la tutelle de Bebson de la rue, musicien halluciné et flamboyant s’improvisant manager, qu’ils montent un groupe de musique nommé Diable Aza Te (Le diable n’existe pas) pour déjouer le sort, reprendre le contrôle de leur vie et faire vibrer la ville !

Objet hybride entre documentaire et fiction, où les interjections des passants et des policiers rappellent les difficultés d’un tournage en RDC (rares permissions de filmer, la corruption, le manque de matériel), Kinshasa Kids offre un kaléidoscope haut en couleurs des vies de ces enfants. La musique y apparaît comme une échappée nécessaire, si ce n’est de la pauvreté au moins de la solitude. Les Kids du film, tous issus des rues de Kinshasa, ne se connaissaient pas avant le tournage mais ont appris à travailler et former un groupe soudé. Aujourd’hui ils continuent de vivre ensemble. Pour Rachel, une Shegué du rond-point Ngaba, l’expérience a été un tournant radical : à la suite du tournage, elle a été repérée par le canadien Kim Nguyen et a remporté l’Ours d’argent au Festival de Berlin 2012 pour son rôle principal dans le film Rebelle. Bebson de la rue et son groupe Tryonix ont eux enregistré un nouveau disque, Groupe électrogène.

« Kinshasa Kids », plus qu’un simple récit du quotidien de ces enfants des rues, montre le pouvoir de l’art en tant que force créatrice d’identité, de repères. La musique, symbole et reflet de l’histoire individuelle et globale de la société africaine, devient un vecteur de liberté, un langage, une reconquête. Pratique communautaire, elle recrée des liens et une cohésion sociale indispensables à la survie de l’individu.

AAD est particulièrement concerné par le destin de ces enfants, héros l’espace d’un film. « Kinshasa Kids », notamment parce qu’il prend place en République démocratique du Congo (RDC), où le fonds s’est engagé activement dans des projets de développement en partenariat avec des artistes contemporains africains. Le pouvoir de la musique, autant cathartique qu’identitaire et social, est une dimension qu’AAD prend en compte depuis longtemps et qu’il concrétise depuis septembre 2012 en RDC à travers son programme Rap du Dépistage, transmission aux nouvelles générations des clefs de bonnes pratiques de santé à travers les messages de prévention au VIH/Sida diffusés par les chansons des rappeurs Black Power, originaires de Bukavu (RDC). « Kinshasa Kids » renforce la conviction qui est la nôtre que l’art est un formidable vecteur de paix et de développement.