Faustin Linyekula à l’Opéra de Lille avec « La création du monde »

mardi 12 février 2013
© Mathieu Rousseau
© Mathieu Rousseau
© Mathieu Rousseau
© Mathieu Rousseau
© Mathieu Rousseau
© Mathieu Rousseau

Congo, Ouganda, Rwanda, Kenya, Afrique du Sud, France… Faustin Linyekula est un artiste voyageur… dans l’espace, mais aussi dans le temps. Son nouveau spectacle donne en effet une deuxième vie à « La Création du monde », ballet créé en 1923 au Théâtre des Champs Élysées par une équipe de choc : Darius Milhaud pour la musique, Blaise Cendrars pour le livret, Fernand Léger pour les décors et Jean Börlin pour la chorégraphie.

 

Perçue à l’époque comme une « fantaisie négrico-cubiste », cette oeuvre historique se tourne vers l’Afrique en s’attachant davantage à ses costumes hauts en couleurs et à ses sonorités exotiques qu’à son terrible contexte politique. Avec 25 danseurs du Ballet de Lorraine et d’éminents collaborateurs artistiques comme le musicien Fabrizio Cassol , Faustin Linyekula s’empare de « La Création du monde » avec l’intention de la remettre en perspective. Le chorégraphe congolais n’a pas son pareil pour entrechoquer tradition et modernité. Avec lui, le travail de mémoire ne se contente pas de commémorer, il régénère de fond en comble, avec une bonne dose d’extravagance.

 

Danseur, chorégraphe, Faustin Linyekula débute à Kisangani avec une bande d’amis férus de théâtre. En 1993, il quitte la République démocratique du Congo et s’installe à Nairobi. En 1997, il fonde avec Opiyo Okach et la danseuse Afrah Tenambergen la première compagnie de danse contemporaine au Kenya, la compagnie Gàara. En juin 2001, s’impose le retour au Zaïre devenu République Démocratique du Congo, déchiré par plusieurs années de conflits meurtriers, le séjour de quelques semaines pour un atelier devient un choix de vie. Faustin Linyekula met sur pied à Kinshasa les Studios Kabako, structure pour la danse et le théâtre visuel.

 

Avec sa compagnie, Faustin est l’auteur de dix pièces, dont « More more more… future » (2009), opéra rock ndombolo très largement présenté en Europe et aux États-Unis ou plus récemment le solo « Le Cargo »(2011). Il a également mis en scène Bérénice pour la Comédie française en 2009 et a été interprète en 2009 pour Raimund Hoghe.

 

Il a reçu en 2007 le Grand prix de la Fondation Prince Claus pour la culture et le développement et est artiste associé au KVS Theater à Bruxelles. En 2006, les Studios Kabako s’installent à Kisangani, et accompagnent par la formation, la production et la diffusion de jeunes artistes congolais. En août 2010 ont débuté les fondations d’un centre de résidence / laboratoire qui devrait ouvrir ses portes en 2015.