Exposition « My Joburg » à la Maison Rouge, Paris

lundi 17 juin 2013
Subotzky & Waterhouse, Ponte City from Yeoville Ridge, 2008
Subotzky & Waterhouse, Ponte City from Yeoville Ridge, 2008
Simon Gush, Prayer (16 12 1926) in colloboration with Lea Lagasse, 2011.
Simon Gush, Prayer (16 12 1926) in colloboration with Lea Lagasse, 2011.
Jane Alexander Security, 2006, à La Centrale Électrique, Bruxelles. par Pep Subirós, mai 2011
Jane Alexander Security, 2006, à La Centrale Électrique, Bruxelles. par Pep Subirós, mai 2011
Mary Sibande, Wish you were here, 2010
Mary Sibande, Wish you were here, 2010

Du 20 juin au 22 septembre se tiendra à la Maison Rouge, à Paris, l’exposition My Joburg. Organisée dans le cadre de la saison sud-africaine en France, elle est l’occasion pour le public français de découvrir une scène artistique en pleine effervescence, et pourtant encore méconnue dans l’hexagone.

Joburg, Jozi, J’burg, The Wild City ; autant de noms qui feraient presque oublier la complexité et la diversité de cette « métropole insaisissable » et cosmopolite qu’est Johannesburg, véritable exception culturelle, historique et économique africaine. Car la scène artistique contemporaine sud-africaine est à l’image de son pays, à la fois profondément ancrée dans la tradition d’un continent dont elle est la « locomotive » à tant de niveaux, mais aussi tourmentée par un héritage – historique, politique, social – lourd.

C’est cela que les artistes présentés dans l’exposition tentent de retranscrire, chacun à sa façon, chacun avec son propre langage. Mais s’il est souvent un moyen d’expression politique et mémoriel plus ou moins subversif – rompant ainsi avec la « fonctionnalité » inhérente à l’art traditionnel africain en lui donnant cette autre « fonction » –, l’art contemporain sud-africain, à l’image de cette scène de Johannesburg, est arrivé à maturité et est aujourd’hui pleinement intégré au monde et au marché de l’art contemporain globalisé, et ce dans toute sa diversité.

Car si My Joburg sera l’occasion de retrouver les chefs de file d’un mouvement qui étonne par sa diversité – tant au niveau générationnel que social et identitaire – tels que Pieter Hugo, Sam Nhlengethwa, Sue Williamson et William Kentridge, elle permettra de mettre en lumière certaines figures engagées de cette génération – Billie Zangewa qui sublime le féminisme et la notion de « femme africaine triomphante » dans ses magnifiques « appliqués » de soie ; la photographie sociale de David Goldblatt ; la dénonciation de la pauvreté à la frontière du street art de Robin Rhode ; ou encore l’œuvre de Kudzanai Chiurai – ainsi que des artistes versant dans un art bien plus conceptuel, à l’image de certaines œuvres de Willem Boshoff, Jo Ratcliffe, et Nicholas Hlobo.

Cette exposition, qui rassemble les œuvres de plus d’une quarantaine d’artistes, est un signal fort pour une ville qui s’impose aujourd’hui, tant au niveau national qu’international, comme une référence en matière d’art contemporain : dotée d’un tissu grandissant de galeries d’art (Goodman Gallery, Gallery MOMO, Afronova), accueillant chaque année depuis maintenant six ans le grand rendez-vous d’art contemporain en Afrique – la Joburg Art Fair –, Johannesburg est la première ville africaine à qui une exposition d’art contemporain est consacrée de manière aussi complète.